Comprendre l’actu – 16 au 30 avril 2020

La sortie progressive du confinement et la réouverture des économies constitue l’enjeu crucial du mois de mai. Ce chemin sera en effet essentiel pour limiter les dégâts économiques de l’épidémie, d’autant que les statistiques chinoises publiées mi-avril témoignent d’une reprise seulement très progressive de l’activité, et en particulier de la consommation. En Europe et aux Etats-Unis, les premiers chiffres de croissance pour le T1-2020, publiés ces derniers jours, témoignent d’une contraction des PIB de l’ordre de 5% (un chiffre amené à être encore bien pire au T2-2020, compte tenu du confinement strict sur les mois d’avril et, au moins, début mai).

Certes, les espoirs de traitement efficace et/ou de vaccin continuent d’alimenter l’optimisme, avec de premiers résultats positifs pour le remdesivir proposé par le laboratoire américain Gilead (d’autres conclusions de tests doivent être publiées courant mai). Mais ces derniers sont trop fragiles et d’une portée insuffisante à ce stade (réduction de 4 jours de la durée d’hospitalisation pour les cas graves sur un des panels étudiés) pour se passer d’une extrême prudence. A ce titre, la France a ainsi prévu un début de déconfinement très progressif à partir du 11 mai, tandis qu’aux Etats-Unis, ni New York ni la Californie n’ont avancé de date ferme pour l’instant (le nombre de nouveaux cas journaliers reste très élevé aux Etats-Unis, où les mesures de confinement ont été prises avec retard).

Le soutien accru des Etats continue de se vérifier avec, aux Etats-Unis, la validation d’une nouvelle enveloppe d’aide de 500 MM$ (principalement à destination des entreprises et des hôpitaux) et le démarrage de discussions quant à un nouveau plan de soutien surtout soutenu par les Démocrates. Le soutien budgétaire total atteint ainsi à présent 13% du PIB américain. De notre côté de l’Atlantique, la Commission européenne a d’ores et déjà obtenu la possibilité de lever 100 MM€, mais un accord bien plus massif et global reste à trouver entre les dirigeants européens, avec une opposition constante des pays du Nord à toute mutualisation de dette.

L’enjeu reste notamment celui de la soutenabilité de la dette souveraine italienne, dont le rendement a fortement progressé ces dernières semaines, signe d’un risque perçu accru (le ratio dette/PIB du pays est amené à dépasser 150% en 2020). La BCE a certes confirmé son soutien aux pays périphériques via les mesures annoncées lors de sa réunion du 30 avril, mais tout en renvoyant les Etats face à leurs responsabilités pour soutenir l’économie. A noter que l’agence de notation Standard & Poor’s n’a pas mis d’huile sur le feu et a maintenu la note souveraine de l’Italie à BBB, à deux crans du seuil du « high yield ». A l’inverse, l’agence Fitch l’a dégradée d’un cran à BBB-.

Alors que les négociations sur le Brexit ont repris, Londres continue de s’opposer à toute prolongation des négociations au-delà de 2020, en dépit de la crise sanitaire et du délai particulièrement court, surtout compte tenu des points de divergence persistants.

Autre élément particulièrement étonnant sur cette deuxième quinzaine du mois d’avril : le passage du cours du baril de pétrole (référence américaine, appelée « WTI » pour « West Texas Intermediate ») en territoire négatif !Cela est lié à une particularité du contrat américain, qui se règle à échéance avec livraison physique (physical settlement),ce qui a obligé les détenteurs de positions sur ce contrat (plus précisément l’échéance de mai, qui a expiré depuis) à se précipiter pour s’en débarrasser, afin d’éviter un stockage particulièrement difficile et coûteux (les cuves étant proches de la saturation compte tenu de l’excès d’offre persistant depuis plusieurs semaines). Le coût du stockage était en fait si élevé que les détenteurs de ce type de contrat ont été prêts à payer pour l’éviter.

Si le Brent (référence européenne pour les cours du pétrole), pour lequel l’échéance du contrat ne donne lieu qu’à un échange de flux financiers (cash settlement) et pas à une livraison physique, il n’y a pas ce risque de passage en territoire négatif. En revanche, il restera lui aussi sous pression tant que la dynamique de la demande ne connaîtra pas une embellie, alors que le retour aux quotas annoncé début avril par l’OPEP+ (et les baisses de production à venir dans les pays hors OPEP+ où les producteurs ne sont plus retables) reste insuffisant pour éponger l’excès d’offre du marché.

Concernant les variations des actifs :

– les indices actions restent plutôt orientés à la hausseen tendance, l’optimisme étant alimenté par : 1/ les mesures annoncées par les Etats et les banques centales ; 2/ la perspective du déconfinement ; 3/ les espoirs d’avancées médicales qui permettraient une sortie plus rapide de la crise sanitaire (avec, aussi, un déconfinement moins strict) ;

– les taux souverains restent sous pression, compte tenu de l’assouplissement monétaire encore accru des banques centrales, lequel vise à soutenir encore plus l’activité ;

– le cours de l’or reste donc élevé, sur des points hauts depuis 2012 (note : il existe une forte corrélation inverse entre taux d’intérêts et cours de l’or) ;

– les cours du brut commencent à remonter dans l’espoir d’une amélioration de la dynamique de la demande, mais restent sur des niveaux encore très faibles.

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