Mes fragments choisis du Gai Savoir de Nietzsche (1882)

Pour la réflexion en ce week-end prolongé (et confiné !), je vous propose quelques aphorismes que j’ai pu noter après avoir lu « Le Gai Savoir » de Nietzsche à deux reprises.

« Autrefois, on voyait à l’attitude de chacun qu’il voulait soudain penser – c’était l’exception ! -, qu’il voulait à cet instant devenir plus sage et qu’il se préparait pour une pensée : on se composait un visage, comme pour une prière, et l’on arrêtait sa marche ; on s’immobilisait même en pleine rue des heures durant, lorsque la pensée « venait ». »

« La possession rétrécit le plus souvent l’objet possédé. »

« Le « prochain » fait l’éloge du désintéressement parce qu’il en tire profit. »

« Les lois ne révèlent pas ce qu’est un peuple, mais au contraire ce qui lui apparaît comme inconnu, étrange, monstrueux, étranger. »

« La morale induit l’individu à devenir fonction du troupeau et à ne s’attribuer de valeur que comme fonction. »

« Ce qu’il y a de meilleur dans une grande victoire, c’est qu’elle ôte au vainqueur la peur d’une défaite. »

« Qui se sait profond s’efforce d’être clair ; qui aimerait passer pour profond aux yeux de la foule s’efforce d’être obscur. Car la foule tient pour profond tout ce dont elle ne peut voir le fond. »

« On n’est loué que par ses pareils. »

« La manière la plus perfide de nuire à une cause est de la défendre intentionnellement avec de fausses raisons. »

« Comment admirer constamment si l’on ne méprise pas constamment ? »

« Ce que nous faisons n’est jamais compris, mais toujours simplement loué et blâmé. »

« L’épicurien recherche la situation, les personnes, et même les événements qui correspondent à sa disposition intellectuelle extrêmement excitable, il renonce au reste – c’est-à-dire à la plupart des choses. (…) Le stoïcien au contraire s’entraîne à avaler pierres et vermines, éclats de verre et scorpions et à ne pas éprouver de dégoût. »

« La quantité de croyance dont quelqu’un a besoin pour se développer, la quantité de « stable » auquel il ne veut pas qu’on touche parce qu’il y prend appui, offre une échelle de mesure de sa force (ou, pour m’exprimer plus clairement, de sa faiblesse). »

Et un aphorisme un peu plus long pour terminer !

« Le fait est que l’homme et la femme entendent chacun par amour quelque chose de différent, – et chez les deux sexes, il appartient aux conditions de l’amour qu’un sexe ne présuppose pas chez l’autre le même sentiment, le même concept d' »amour ». Ce que la femme entend par amour est suffisamment clair : un parfait abandon (pas seulement un don) d’âme et de corps, sans réserve, sans retenue. (…) L’homme, lorsqu’il aime une femme, veut précisément cet amour. (…) Un homme qui aime comme une femme devient par là esclave. (…) La passion de la femme, dans son renoncement inconditionné à ses droits propres, a justement pour présupposé le fait qu’un tel pathos, qu’une telle volonté de renoncement n’existe pas : car si tous les deux renonçaient à eux-mêmes par amour, il en résulterait – eh bien, je ne sais quoi, peut-être du vide ? (…) La femme s’abandonne, l’homme s’accroît. Conformément à cela, la fidélité est comprise dans l’amour de la femme, elle découle de sa définition ; chez l’homme, elle peut facilement apparaître à la suite de son amour, comme une sorte de reconnaissance ou d’idiosyncrasie du goût et d’affinité élective, comme on dit, mais elle ne fait pas partie de l’essence de son amour – et elle en fait si peu partie que l’on pourrait presque parler à bon droit d’une contradiction naturelle entre amour et fidélité chez l’homme. »

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