Comment aborder les marchés financiers aujourd’hui ?

Investir, que ce soit en Bourse, dans l’immobilier ou dans une formation, est un pari sur l’avenir, qui découle d’une appréciation d’un couple rendement / risque à réévaluer constamment.

Evaluons donc ce couple rendement / risque pour un investisseur sur les marchés financiers aujourd’hui.

Le risque principal semble, pour une fois, plutôt bien connu, il est dans toutes les bouches en ce moment : le Covid-19. Et surtout la gestion de cette épidémie, avec une sortie du confinement dont la maîtrise sera cruciale dans les semaines à venir, pour permettre le redémarrage de l’économie sans deuxième vague de propagation rapide du virus.

Alors où peut-on trouver un rendement adéquat ?

Dans les actions, qui ont déjà récupéré la moitié de leurs pertes (depuis le 20 février, début de la propagation de l’épidémie hors Asie), y compris les secteurs les plus cycliques et donc particulièrement exposés aux conséquences de la crise sanitaire ?

Dans les obligations souveraines ou d’entreprises relativement sûres (« investment grade« ), dont les rendements sont tenus sur des niveaux très faibles par les politiques monétaires sans cesse plus accommodantes des banques centrales ?

Dans l’or, déjà depuis plusieurs semaines, malgré le regain d’optimisme, sur des points hauts depuis 2012, en lien avec la faiblesse des taux d’intérêt mais aussi du dollar, grandement affaibli par le zèle de la banque centrale américaine ?

Vous l’aurez compris, aucune de ces classes d’actifs ne semble aujourd’hui offrir un rendement suffisant face aux risques persistants. Ne parlons pas des autres devises « hard currency » (livre sterling, euro), qui resteront sous pression tant que les fragilités économiques (et politiques) persisteront. Inutile également de se tourner vers les pays émergents, surtout hors Chine, encore plus exposés à la crise actuelle.

Alors que reste-t-il à part ce bon vieux cash, dont l’absence de rendement trouve un attrait particulier à l’heure où plus rien n’en a et où tout se met à avoir un coût, même le baril de pétrole, passé récemment en territoire négatif compte tenu de capacité de stockages saturées ?

Justement, le pétrole. Parmi les matières premières, le cuivre en est au même point que les actions ; il a récupéré la moitié de ses pertes environ, largement aidé par la reprise de l’activité en Chine ainsi que par l’anticipation de plans de relance budgétaire massifs dans la plupart des pays. L’aluminium ne se relève toujours pas pour sa part, pénalisé par une production toujours surabondante, notamment en Chine.

Mais l’or noir, lui, encore sous forte pression, semble avoir de meilleurs jours devant lui. Oui, la demande restera longtemps inférieure à ses niveaux d’avant crise. Oui, la tendance à horizon 20 ou 30 ans est celle d’un monde plus vert. Mais sur un horizon d’investissement de 1 à 5 ans, le chemin est haussier pour le baril de pétrole, qui pourra profiter à la fois de la reprise économique qui ne manquera pas d’arriver, mais aussi du soutien de l’OPEP et des autres principaux producteurs, lesquels ont besoin de niveaux de cours nettement supérieurs à ceux d’aujourd’hui pour être rentables et continuer à investir. Indiquons à ce titre que les dernières informations de presse ont révélé que D. Trump avait, début avril, menacé l’Arabie Saoudite de la perte de la protection militaire américaine si elle ne coupait pas dans sa production pour soutenir les cours, ce qu’elles s’est engagée à faire quelques jours plus tard.

La tendance économique, politique, diplomatique même, est donc favorable à une remontée des cours du brut. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à la panacée : la reprise s’annonce poussive, les restructurations dans le secteur seront violentes et pénibles. D’ailleurs, les compagnies pétrolières, structurellement plutôt généreuses en dividendes, commencent d’ores et déjà, elles aussi, à les couper face à la crise actuelle (à l’instar, de Shell, pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale).

Ce qui doit permettre, pour conclure, de rappeler quelques éléments clés avant d’investir, sur les marchés financiers ou dans tout autre actif : 1/ se projeter sur un horizon de temps suffisamment long ; 2/ diversifier ses placements tout en restant très sélectif ; 3/ suivre les tendances mais en trouvant un axe relativement plus porteur.

Note : je partage ici mes vues personnelles. Investir sur les marchés financiers comporte des risques dont vous êtes le seul responsable.

1 Comments on “Comment aborder les marchés financiers aujourd’hui ?”

  1. Ping : Une semaine pour rien sur les marchés financiers ? | Coaching InteGraal

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