Une semaine pour rien sur les marchés financiers ?

Les indices actions européens sont revenus au même point qu’en fin de semaine dernière, prolongeant en fait une tendance de stabilisation à l’oeuvre depuis le 15 avril.

Quels sont les prochains points à surveiller ?

Après les mesures d’assouplissement monétaire des banques centrales et les multiples plans de relance budgétaire des Etats, après les espoirs liés à la sortie du confinement dans un nombre croissant de pays, le temps est venu de refaire face aux réalités économiques et le cap semble difficile à passer pour les marchés d’actions.

Depuis le 15 avril, date à laquelle une première correction avait eu lieu suite à de premiers résultats d’entreprises décevants (banques américaines) et des statistiques économiques sur des points bas historiques, les indices actions européens sont stables. J’évoquais dans un précédent article publié il y a une semaine que le potentiel semblait particulièrement réduit, ce qui est toujours mon sentiment aujourd’hui.

A la recherche des prochains catalyseurs

Alors que les pays européens ont toujours du mal à s’accorder sur les moyens du soutien budgétaire au niveau européen et que la BCE se voit sommée de justifier sa politique monétaire après de la Cour constitutionnelle allemande, quels nouveaux soutiens pour la classe « actions » ?

Premièrement, la bonne maîtrise du confinement reste à surveiller. Même si le nombre de nouveaux cas journaliers continue de décroître en tendance dans les pays européens, y compris dans ceux ayant commencé le déconfinement, la période d’incubation de 14 jours en moyenne incite à la prudence sur ce sujet à ce stade. Inutile de rappeler que tout retour en arrière serait catastrophique pour l’économie et les marchés financiers. Quant au rythme de rebond de l’activité, les attentes des investisseurs semblent encore trop optimistes, à l’heure où le FMI table sur deux années perdues en Europe en termes de production de richesse (retour au PIB de fin 2019 seulement à horizon fin 2021).

Ensuite, c’est D. Trump et son administration qu’il faudra surveiller. Ces derniers jours ont montré que le président américain et ses proches ont bien l’intention de garder la Chine comme ennemi de campagne, en les menaçant à nouveau de barrières tarifaires, après un accord conclu en fin d’année dernière.

Sur le plan politique, n’oublions pas non plus que les négociations sur le Brexit, qui ont repris il y a quelques jours, restent également un facteur de risque pour l’Europe, bien que relégué au second plan pour le moment. A ce titre, la fragilisation de la zone euro avec la crise sanitaire actuelle (opposition croissante entre pays du Nord et pays du Sud) n’est pas non plus de bon augure.

Enfin, de nombreuses conclusions d’essais cliniques sont attendues, dont celles de l’étude Discovery, menée à l’échelle européenne, prévues pour jeudi prochain 14 mai. Alors que le Japon vient d’autoriser le « remdesivir » du laboratoire américain Gilead, les espoirs de traitement efficace (permettant aussi un déconfinement plus rapide et un rebond de l’activité plus prompt) sont élevés. Pourtant, la prudence incite à ne pas tabler sur cette bonne nouvelle potentielle, justifiant donc un scénario de déconfinement seulement très progressif, dans le but d’éviter une deuxième vague d’épidémie, laquelle provoquerait une très sévère correction des indices.

La prudence reste de mise

Les prochains jours sont donc à risque et les niveaux des indices ou leurs valorisations ne semblent pas aujourd’hui suffisamment attractifs pour investir avec confiance.

La fin de la saison de publications de résultats du T1-2020 approchant, les signaux microéconomiques des entreprises restent eux aussi peu encourageants : abaissement ou suppression des objectifs annuels, suppressions de postes en cascade (dans le but d’abaisser les coûts fixes et protéger les marges), restructurations,… Les messages plus positifs existent mais sont bien plus rares. Mentionnons par exemple celui de l’équipementier sportif allemand Puma, lequel a fait état d’une reprise des ventes particulièrement dynamique outre-Rhin dès la réouverture des magasins.

Sur un horizon de plus de 3 ans (rappelons que la maison-mère de British Airways, IAG, a indiqué tabler sur un retour du trafic aérien sur les niveaux d’avant-crise en 2023 seulement !), les indices actions restent attractifs. Mais à court terme, de nombreux obstacles restent à franchir, d’autant que même les dividendes continuent d’être coupés, contribuant aussi à réduire le rendement total de cette classe d’actifs.

Note : je partage ici mes vues personnelles. Investir sur les marchés financiers comporte des risques dont vous êtes le seul responsable.

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